mercredi, 03 juillet 2019 08:56

L'appel du 20 juin, appel aux conseils communautaires d'agglo de l'Avesnois

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Voici l’intégralité de notre appel aux conseils communautaires d'agglo de l'Avesnois :
 
Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs les Maires et Conseillers communautaires,
La Sambre Avesnois est l’un des bocages les plus remarquables de France, c’est également un des 46 Parc Naturel Régional, rayonnant sur 4 communautés de commune.
La majorité des zones Natura 2000 du département se trouventdans le bocage, ainsi que des zones, ZICO, Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux et les Zones ZNIEFF, Zone Naturelle Intérêt ÉcologiqueFaunistique et Floristique.
Sur le territoire, existent des zones protégées par un arrêté de protection du biotope par exemple, sur le bois Delhaye, la présence d’une plante la Gagée a spathe Une des plantes les plus rares de la flore française, protégée nationalement et d’autres plantes protégées régionalement à laquelle elle est inféodée.
Ce bocage, non seulement présente un intérêt écologique mais aussi économique par le tourisme avec la présence d’une AOC « le Maroilles » et ses dérivés. C’est aussila 1° région de production Bio des Hauts de France, Lait, Maraîchage etc . Le label bio connaissant une forte croissance est vecteur d’emplois pour la Sambre/ Avesnois !
Malheureusement, nous constatons le développement exponentiel de la culture intensive et plus particulièrement celle de la Pomme de Terre, cultivée par des agriculteurs Belges et Néerlandais.
Cette culture intensive de la Pomme de Terre a pour conséquence :
  • le retournement de prairies permanentes
  • la destruction des haies
  • l’utilisation massive de pesticides.
Tout cela provoqueun désastre écologique tant sur la faune, la flore et impactenos paysages.
Cette culture est destinée à l’industrie de la Pomme de terre Belge et Néerlandaise pour la fabrication de chips, des frites congelées de fécule. Comble de l’ironie, aussi pour la conception de sacs plastiques recyclables dit « écologiques » !.
La majorité des productions des usines a pour but de conquérir le marché chinois. S’il est susceptible de créer de l’emploi en Belgique c’est à un prix social et écologique exorbitant, recours aux travailleurs détachés, pollution de l’air et de l’eau.
Pour notre région c’est ZÉROemploi, C’est même des destructions puisque cette agriculture concurrence de nombreuses fermes de petites et moyennes tailles, vectrice de main d’œuvre.
Lesprix du foncier agricole montenten flèche :
L’hectare se négociantentre 15 000 € et 20 000 € alors que les prix locaux se situe dans une fourchette de 5000 à 7000 € !
Pour leslocations c’est entre 1500 € et 2400 € l’an à comparer à la location locale entre 200 et 400 € l’hectare.
Dans ces conditions, nos agriculteurs ne trouvent plus de terre et les jeunes ne peuvent plus s’installer. La pratique illégale de la sous-location et celles destinée à contourner le loi par la création de part de sociétésagricolespermettentd’échapper à la régulation par la SAFE R des ventes de terresagricoles.
  • La pollution des nappes phréatiques !
En effet, on constate nombres de cescultures sur des champs captant par exemple sur saint Rémi Chaussée. Les coulées de boue récentes sur Hon Hergies, Saint Hilaire après les orages dûesà la disparition des haies et des prairies humides. Unsurcoût pour la société !
  • La baisse constante des oiseaux et des insectes et des petits mammifères !
Cela perturbegravement l’équilibre écologique et même économique.
  • La disparition signalée des ruchées et des abeilles !
Abeilles indispensables à la production du miel mais également à la pollinisation. Les conséquences économiques de la disparition des abeilles sont incalculables et les conséquences environnementales à peine imaginables.
Oui, Mesdames et messieurs les élus cette situation engage votre responsabilité pour l’avenir du bocage et celuide nos enfants. Les décisions que vous prendrez sont lourdes de conséquences pour le futur.
S’offrentà vous deux choix celui du laisser-faire et du « advienne que pourra ! » Ou le choix courageux, de s’élever contre les puissances de l’industrie agroalimentaire, de la malbouffe, pour qui seul le profit immédiat rentre en compte.
Dans la communauté de Commune du sud Avesnois certains élus ont fait le choix du courage, je cite les Maires d’Ohain, Trélon, Anor et Wignehies qui ont tous trois pris des arrêtés de contrôles des pesticides pour protéger la santé de la population.
Le 29 mai, Guislain Cambier, Président du PNR déclare sur Canal FM : »Le collectif à raison de tirer la sonnette d’alarme »
La communauté de Commune du sud Avesnois a inscrit, elle, dans son Plan Local Urbanisme Intercommunalla protection des haies ainsi que la commune d’Eppe sauvage qui protège elle, dans son Plan Locale Urbanisme, lesprairies permanentes et les haies.
L’agglomération Maubeuge Val de Sambre peut et doit faire de même, vous pouvez être les fers de lance de la protection de l’environnement. Pour que l’écologie ne soit pas qu’une politique d’effets d’annonces et de communication mais qu’elle se traduise concrètement dans les faits.
« Le collectif Bocage Sambre Avesnois en Danger » et ses 865 membres à cette heure, les 15 300 pétitionnaires à ce jour demandent :
A l’agglomération Maubeuge Val de Sambre de protéger ces prairies permanentes, ses haies et ses arbres dans le PLUI qui est à l’ordre du jour de cette séance.
Aux maires des communes la composant, de protéger la santé des populations et particulièrement des enfants et des femmes enceintes, en promulguant rapidement des arrêtés sur les conditions d’utilisation des pesticides.
De mettre en place une politique d’incitation pour replanter des haies et des prairies permanentes, d’aider les producteurs locaux en bio, en conversion bio ou désireux de se convertir à une agriculture paysanne.
Politique qui peut se mettre en place à travers des point de ventes locaux qui leurs sont destinés. Par la conversion des cantines au bio et à l’achat de leurs fourniture aux producteurs locaux. Non seulement vous rendrez service à la santé de vos concitoyens et vous créerez de l’emploi !
De remettre en place les gardes champêtres pour contrôler et informer sur la mise en application de ses mesures.
Le collectif est prêt à travailler avec vous pour réfléchir à des solutions concrètes, nous avons en notre sein des producteurs locaux des naturalistes, des citoyens engagés.
Enfin nous ne pouvons pas , ne pas évoquer le projet de contournement de Maubeuge et d’un tracé qui ne peut que vous amener à réflexion de part son impact écologique important qui lui aussi sera destructeur du bocage Le magnifique bocage du quartier du Grand-Bois, avec ses arbres têtards témoins d’un patrimoine régional et refuges de biodiversité, Détruit à jamais : 1.165 à 1.450 m linéaires de haies seront coupés pour laisser place au bitume. . D’autant qu’il existe une alternative plus au Nord.
Nous sommes persuadés que vous tous, comme nous aimez notre région et que vous aurez à cœur de ne pas la laisser être saccagé sur l’autel du profit !
 
Le collectif.
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