mercredi, 24 juillet 2019 12:42

Entretien avec le sous-préfet : « Je vous comprends, je suis originaire du Nord … mais ! »

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Lors de plus de deux heures d’échanges le président de l’association Bocage en danger, 3 membres du bureau et un membre du collectif, ont partagé avec le sous-préfet, Alexander Grimaud, et trois de ses collaborateurs, les attentes de la population qui ont provoqué la création du collectif et la prise d’arrêtés par les maires soucieux de la santé de leurs administrés.

Les arrêtés Municipaux : Ce sera direction tribunal administratif pour les courageux maires !

Le sous-préfet maintient donc sa position sur l’incompétence des maires à prendre des arrêtés pour protéger la population de la pollution et des dangers que provoquent les épandages de phytosanitaires au abords des habitations et des lieux publics comme les écoles.

Afin de trouver une solution « dans le dialogue » et « qui n’oppose pas les uns aux autres », il invite le collectif à rencontrer les agriculteurs au travers de leurs fédérations ( La FNSEA, la Coordination Rurale) ceux-là même qui ont , ces 10 dernières années,  fait annuler avec force les ZNT (Zone de non-traitement) lors de chaque tentative de protection de la population par les ministères. On comprend que la partie n’est pas gagnée sur ce point tant que la population ne fera pas bloc contre ces pratiques qui assombrissent notre avenir.

Prendre des mesures rapides et alerter les ministères

Nos arguments scientifiques (provenant de l’INRA, CNRS … ) et nos arguments de bon sens, pour éviter un "crime d’avenir", n’ont eu aucun effet, le sous-préfet répétant qu’il n’était là que pour faire appliquer la loi. La loi ne permet donc pas d'éviter un scandale sanitaire qui arrive à grand pas.

Il faut tout de même retenir les propos encourageants du sous-préfet : Il convient que « les phytosanitaires doivent être utilisés sur des plantes malades et non massivement ou préventivement comme ils le sont actuellement ». Nous lui avons demandé de prendre des mesures dans ce sens au plus vite et qu’il devait faire remonter ce sujet aux ministères compétents.

Les destructions de haies, retournement de prairies et sous-locations : des infos à faire remonter

Après avoir cité des exemples de destructions de haies, de retournement de prairies permanentes (qui doivent, toutes les deux, être protégées dans les plans locaux d'urbanismes intercommunaux) ainsi que des  sous-locations de terrains agricoles, nous avons appuyé sur les difficultés de transmettre les informations afin que ces méthodes destructrices et déloyales cessent et qu’un résultat concret soit perceptible. Il a soutenu notre action en proposant que les maires et citoyens lui transmettent ces informations afin de lui permettre de lancer les enquêtes nécessaires. Nous avons, dans le cadre de l’association, son contact direct et n’hésiterons pas à faire remonter ces informations suite à cette prise de position. C'etait le rôle des gardes champêtres qui ont disparu et nous avons donc demandé au sous-préfet de remettre en fonction des éco-gardes, un vrai lien entre la population et leur environnement.

 

Des portes entrouvertes mais pas de réelle satisfaction.

Tout comme une haie peut être protégée et classée par le choix de notre administration, elle peut cependant être détruite par cette même administration pour l’intérêt dit « public », prenant l’exemple des 1500 mètres de linéaire de haies qui disparaîtront au profit du contournement nord de Maubeuge. Ceci démontre de la fragilité des choix fait en faveur de la protection de notre environnement face à une économie toujours plus aveugle et destructrice. L’administration montre bien des actions positives que nous ne pouvons que soutenir mais ces efforts sont gâchés par un manque de réalisme et de ciblage des causes. Cela laisse apparaitre que les actions entreprises par l'administration ces 40 dernières années, aussi encourageantes qu'elles ont pu nous être presentées, n’ont pas permis d’améliorer la situation et le sauvetage de notre bocage. Notre bocage est en danger ! Cela veut tout dire : Le combat du collectif ne fait que commencer !

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