dimanche, 28 juillet 2019 10:08

Disparitions de haies, inondations et coulées de boue : A quand les VRAIES solutions ?

Écrit par

La Voix du Nord a publié hier un article qui nous a interpellé : Les fascines installées à Jeumont contre les coulées de boue et inondations.

A Jeumont comme dans plusieurs villes de l’Avesnois, des coulées de boue de plus en plus fréquentes surgissent aux abords des champs lors des pluies intenses et s’engouffrent dans les zones habitées. Celles-ci touchent les habitations, bloquent et accroissent le danger de la circulation et provoquent bien d’autres dégâts comme l’érosion des sols. Nous connaissons très bien la cause de ces phénomènes de plus en plus violents et elle est bien reconnue par les administrations publiques : c’est la destruction des haies depuis des dizaines d’années et l’accélération de l’industrie de cultures agricoles intensives.

Replanter des haies en urgence ? Non, dans l’urgence usons d’une solution de facade : Les fascines en périphérie.

Pour se prémunir face à de nouvelles coulées de boue et inondations, la ville de Jeumont a « audacieusement » choisi d’installer des fascines mono spécifiques en périphérie des champs en cause. Ces barrières de bois rudimentaires sont surtout utilisées pour l’érosion éolienne et les rives de cours d’eau. Les utiliser efficacement comme digue de périphérie n’a de réelle efficacité que pour l’érosion continue (vent, cours d'eau) et sont d'autant plus inefficaces pour les champs si elles ne sont pas multipliées à l'intérieur de la surface exploitée. Les experts du génie végétal choisissent aujourd’hui de les utiliser comme base de construction des matériaux vivants pour un enracinement rapide et en profondeur par exemple les plants d’arbres et d’arbustes (les haies dans notre cas). Ces fascines de périphéries ne sont qu’une demi-solution et auraient dû être multipliées à l'intérieur du champ pour ne pas subir à elles seules le flux d'une telle surface. Elles auraient aussi dû être accompagnées de plantations de haies respectant la répartition des essences locales nécessaires à notre biodiversité. Ce choix ne garantit qu’un résultat médiocre au bout de 10 ans à la reconstitution des haies et une capacité de retenu très limitée en cas d'épisode climatique violent (source : Association de recherche sur le Ruissellement, l’Erosion et l’Aménagement du Sol). La solution à adopter est bien d’installer de multiples barrières de protection vivantes à l'intérieur du champ à sa péripherie tout en respectant la diversité des essences locales comme les haies ancestrales de notre bocage.

Benjamin Saint-Huile et la CAMVS n'a jamais exposé cette solution face au collectif.

Ce choix ne peut qu’étonner quand l’on sait que le maire de Jeumont, M. Benjamin Saint-Huile, nous a reçu le 20 juin 2019 lors du conseil d’Agglomération Maubeuge Val de Sambre dont il est le président et nous a affirmé avec force que replanter des haies était un travail engagé depuis plusieurs années. Cela sans discontinuer au travers du programme : « replantage des haies ». Une réunion de travail a été décidée pour permettre au collectif de rencontrer le « comité environnement » devant présenter l’engagement de l’agglo sur les sujets que nous soutenons. Ce même comité, rencontré le 22 Juillet 2019, nous a affirmé que le replantage de haies d'essences locales était une action accompagnant la protection et le classement de celles-ci dans les PLUI (Plan Local d’Urbanisme Intercommunal) au cœur de toutes les communes de L’AMVS. Les propos semblaient bien plus consistants que cette réalisation de fascines mono spécifiques de périphérie.

Un choix incomplet et non garanti dans le temps payé de la poche des contribuables.

13000€, c’est le coût annoncé pour cette opération "fascines" qui n’a pas toutes les garanties d’efficacité et dans la durée. Nous doutons que la facture soit envoyée à l’exploitant des parcelles agricoles en cause et cela serait donc sûrement de la poche du contribuable qui est victime de ces effets néfastes d’une agriculture toujours plus intensive et non respectueuse de l’environnement. Malgré le permanent dialogue entre les administrations et les agriculteurs, ainsi que les travaux déjà entrepris avec des organismes comme le CPIE (aujourd’hui disparu) et le PNR,. Il semble que les actes choisis n’aient d’effet que leur annonce sans permettre de voir un résultat positif, ce qui ne va pas réellement dans le sens du bien être des habitants et de leur avenir. Cela fait des années qu’ils "protègent" et "promeuvent" notre bocage, pourtant à disparaitre malgré l’argent public dépensé.

Les rares images captées lors de coulées de boues et inondations dans l'Avesnois montrent que seules des actions majeurs empêcheront ces catastrophes (vidéos non accélérées).

Lu 429 fois